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La réconciliation dans l’éducation de la petite enfance : bâtir des relations fondées sur le respect, le partenariat et l’autodétermination

En tant qu’organisme de réglementation, employeur et partenaire du secteur, l’Ordre des éducatrices et éducateurs de la petite enfance se doit de participer activement au processus de vérité et de réconciliation. Une part essentielle de notre travail consiste à acquérir une véritable compréhension de l’héritage du colonialisme  et à le remettre en question ainsi que le racisme et la discrimination auxquels sont confrontés les peuples des Premières Nations, les Inuits et les Métis.

Conscient de cette responsabilité, l’Ordre lancera son premier Plan d’action pour la réconciliation en juin, alors que les Canadiens célébreront le Mois national de l’histoire autochtone. Dans cet article, nous explorons l’importance de la réconciliation dans l’éducation de la petite enfance et nous nous penchons sur le cheminement de l’Ordre vers la réconciliation.

Responsabilité et imputabilité: Limportance dun plan

Le travail de l’Ordre et les décisions qu’il prend ont des répercussions sur des milliers d’EPEI et, à travers eux, sur des centaines de milliers d’enfants et de familles en Ontario. « Ces dernières années, l’Ordre s’est engagé dans un processus d’apprentissage et de désapprentissage et a posé les premiers jalons vers la réconciliation, mais nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire », déclare Beth Deazeley, registrateure et chef de la direction. « Formaliser notre engagement dans un plan signifie que nous passons de la simple intention à une action concrète et adaptée à la culture, et que nos efforts s’appuient sur une structure solide, l’imputabilité et la transparence. »

Pour orienter l’élaboration de son plan, l’équipe de l’Ordre a collaboré étroitement avec First Peoples Group (FPG), une organisation autochtone détenue, dirigée et composée de membres autochtones, et qui accompagne d’autres organisations dans le renforcement des relations entre les peuples autochtones et la population canadienne.

« Un plan d’action officiel pour la réconciliation est important pour la profession de l’éducation de la petite enfance, parce que les éducatrices et les éducateurs jouent un rôle clé dans la façon dont les enfants appréhendent l’identité, l’appartenance et les relations dès leur plus jeune âge », explique Heather Watts, directrice et associée chez FPG. « Un plan de réconciliation solide contribue à garantir que les systèmes qui régissent la profession reflètent et respectent davantage les enfants, les familles, les communautés et les modes de connaissance autochtones. Il aide également les éducatrices et éducateurs à acquérir les connaissances et la sensibilité nécessaires pour exercer leur métier avec plus d’humilité culturelle et d’attention. »

La sagesse autochtone au cœur du projet

Heather décrit le rôle de FPG dans l’élaboration du plan comme celui d’apporter une perspective autochtone au processus, en aidant l’Ordre à réfléchir à ce que pourrait être une réconciliation significative dans le cadre de son rôle d’organisme de réglementation. « La participation d’une organisation dirigée par des Autochtones permet d’ancrer le travail dans l’expérience vécue, l’expertise autochtone et les points de vue issus de la communauté », explique-t-elle. « Cela renforce l’imputabilité et contribue à garantir que le plan reflète plus que de simples hypothèses internes sur ce à quoi devrait ressembler la réconciliation, en plus d’aider les organisations à cibler les domaines où des changements plus profonds pourraient être nécessaires, au-delà des initiatives visibles ou symboliques. »

La collaboration avec FPG a été essentielle à l’élaboration du plan de l’Ordre. FPG a fourni une structure et un processus de planification clairs, en commençant par examiner la littérature sur l’éducation de la petite enfance sous l’angle autochtone et dans ce contexte. Ils ont également évalué les efforts de l’Ordre en matière de réconciliation à ce jour et animé des discussions approfondies pour mieux cerner les réalités actuelles. Cela a permis de jeter les bases d’un cadre de motivation à mettre en œuvre des mesures dans le cadre d’un plan officiel.

Heather a accompagné l’Ordre tout au long d’un processus d’apprentissage, de réflexion et de mobilisation. « Il s’agissait notamment de passer en revue les politiques et pratiques existantes, et d’étudier les pratiques exemplaires d’autres organisations », explique-t-elle. « Tout au long du processus, plusieurs valeurs et points de vue autochtones importants ont orienté le travail. Une approche fondée sur les distinctions a permis de prendre en compte les identités et les droits uniques des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Les valeurs autochtones, comme la relationnalité, la réciprocité, l’humilité et la responsabilité, ont guidé la manière dont le travail a été abordé. »

Parmi les nombreuses voix entendues, on comptait celles du personnel, du conseil et des comités, des établissements autochtones, des EPEI, d’autres organisations dirigées par des Autochtones et des partenaires du secteur.

Elle ajoute : « Le processus de planification a également pris en compte l’importance de l’autodétermination autochtone dans l’éducation de la petite enfance et a utilisé un cadre de réconciliation qui envisageait le changement aux niveaux symbolique, substantiel et systémique. Cela a permis de s’assurer que le plan d’action se concentrait non seulement sur des engagements visibles, mais aussi sur les changements organisationnels et structurels profonds nécessaires pour garantir un impact durable. »

La réconciliation selon l’approche des «quatre S»

Ci-dessous, Heather décrit chacun des quatre volets du cadre de réconciliation selon les « quatre S »(symbolique, substantiel, systémique et spirituel), et nous mettons en avant certaines des activités passées ou en cours de l’Ordre dans chacun de ces domaines :

  • Les actions symboliques (comme la reconnaissance des terres et les messages publics) démontrent l’intention:
    • L’Ordre procède à la reconnaissance des terres lors de toutes les réunions du conseil et des comités, ainsi que lors de ses webinaires et événements.
    • Lors de ses cycles électoraux, l’Ordre lance des appels spéciaux aux EPEI afin d’encourager les personnes s’identifiant comme membres des Premières Nations, Inuits, Métis, Noirs, personnes de couleur ou appartenant à un groupe dignes d’équité à envisager de se présenter à un poste au sein du conseil.
  • Les actions substantielles (comme les changements de politique) démontrent l’engagement:
    • L’équipe de la Réglementation professionnelle a élargi son réseau de soutien pour y inclure des spécialistes (à savoir des enquêteurs et un mentor EPEI) possédant une expertise dans les contextes autochtones et les pratiques tenant compte des traumatismes, afin de garantir que l’Ordre reste à l’écoute des diverses communautés qu’il dessert.
  • Les initiatives systémiques transforment en profondeur le fonctionnement d’une organisation:
    • En s’appuyant sur les conseils et les consultations menées auprès des communautés autochtones, l’Ordre a modifié son Énoncé de politique sur les stages afin de reconnaître la valeur des stages axés sur la terre dans une perspective autochtone.
    • L’Ordre a également élaboré des documents d’orientation, notamment les « Outils axés sur l’équité dans la pratique professionnelle », afin d’intégrer la réconciliation, l’antiracisme et les perspectives autochtones dans ses révisions de politiques et de programmes.
  • Le volet spirituel met l’accent sur les relations, la confiance et le respect des modes de savoir autochtones:
    • Si l’Ordre a, selon Heather, accompli des progrès notables dans ses efforts de réconciliation, notamment en matière de mesures concrètes et systémiques, c’est sur le plan spirituel qu’elle voit des possibilités supplémentaires pour l’Ordre. « Cela veut dire approfondir les relations avec les partenaires autochtones et veiller à ce que ce travail soit orienté par les voix autochtones », explique-t-elle.

Créer un impact durable

S’appuyant sur des bases solides, Heather déclare : « La prochaine étape consiste à harmoniser les efforts dans ces quatre domaines afin que le changement soit cohérent, ancré dans la réalité et durable dans le temps. » S’inspirant des commentaires et des enseignements tirés des nombreuses discussions et séances de consultation, le Plan d’action pour la réconciliation s’articulera autour de cinq axes :

1) L’autodétermination et la gouvernance autochtones
2) La sécurité culturelle et la responsabilité professionnelle
3) La reconnaissance des langues autochtones, des terres et des pédagogies holistiques
4) L’équité, les données et l’examen systémique
5) Les relations, la transparence et l’imputabilité

« Notre objectif ultime est d’apporter des changements afin que les EPEI autochtones se sentent vus, entendus et respectés dans leurs interactions avec l’Ordre », explique Melanie Dixon, EPEI, directrice de l’Exercice professionnel à l’Ordre et responsable du projet de Plan d’action pour la réconciliation. Nous voulons aussi aider la profession à mieux comprendre les réalités des enfants, des familles et des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis, afin que les enfants autochtones et leurs familles bénéficient d’une éducation et de services de garde de la petite enfance adaptés à leur culture et respectueux de celle-ci. »

Melanie ajoute : « Nous nous réjouissons de poursuivre notre relation et notre collaboration avec FPG, alors que nous mettons en œuvre le plan et rendons compte publiquement de nos progrès. »

Suivez nos comptes Instagram et LinkedIn pour en savoir plus sur le lancement officiel du Plan d’action pour la réconciliation de l’Ordre le mois prochain.

Ressources:

Ressources de l’Ordre:

Remerciements:

L’Ordre tient à remercier chaleureusement les personnes suivantes :

  • Les EPEI autochtones, les établissements autochtones, les Nations, les détenteurs de savoir, les aînés, les membres du personnel, les représentants des conseils et des comités, ainsi que les partenaires du secteur qui ont consacré leur temps, leur expérience et leurs conseils à notre processus d’élaboration du Plan d’action pour la réconciliation.
  • Heather Watts (Mohawk, Six Nations) et son équipe du First Peoples Group, dont les conseils tout au long du processus d’élaboration du plan d’action pour la réconciliation et les contributions à cet article ont été inestimables.

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