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Un photo de Stephanie et Patricia
Exercice professionnel

Conversations au temps de la COVID-19 : Stephanie et Patricia, intervenantes passionnées

Cette série relate les expériences d’EPEI pour s’adapter en temps de pandémie.

Nous avons interrogé Stephanie Walker et Patricia Borges Nogueira au sujet de leurs expériences et de leurs efforts en matière de défense de la profession.

Q : Commençons par votre milieu d’exercice. Que pouvez-vous nous dire sur le travail que vous faites?

Patricia : Je suis EPEI dans une classe d’enfants d’âge préscolaire d’un centre de Toronto. Je travaille avec deux autres EPEI et une adjointe. Nous nous occupons de 16 enfants. Nous suivons un nouveau programme entièrement axé sur le jeu et dirigé par l’enfant.


Apprenez-en plus sur le nouveau programme (axé sur le jeu), inspiré de la pédagogie Reggio, dans notre note de pratique sur l’apprentissage par le jeu.


Stephanie : Je travaille dans un centre récemment construit à Richmond Hill. Je suis l’une des EPEI du programme des bambins, et je travaille avec une autre EPEI. Nous nous occupons de sept bambins en utilisant des méthodes variées, de la méthode Montessori à la pédagogie Reggio, ainsi que le nouvel apprentissage par le jeu.

Q : Quelles ont été les conséquences de la COVID-19 sur vos fonctions professionnelles, vos relations et votre milieu d’exercice?

Stephanie : J’ai été mise à pied parce que le centre devait fermer ses portes pour assurer la sécurité des enfants, des familles et du personnel. Même si je ne travaille pas, notre centre nous a offert la possibilité d’enseigner aux enfants à distance à l’aide de Google Classroom. Il n’est pas obligatoire de proposer des activités, mais c’est une bonne façon de rester en contact avec les familles. Nous avons aussi communiqué en organisant une réunion Zoom – j’étais contente de voir des visages familiers.

Patricia : À l’heure actuelle, nous ne sommes pas tenus de travailler à domicile, même si nous sommes toujours sur la liste de paie, pour l’instant (grâce à la Subvention salariale d’urgence du Canada). Mon employeur a dit très clairement que le personnel doit en priorité prendre soin de sa propre santé physique et mentale. Un groupe privé a été formé sur les médias sociaux, où nous pouvons communiquer avec les familles dont nous nous occupons normalement, notamment par vidéo avec les enfants. J’ai commencé à tourner des vidéos pour les enfants et à les publier en ligne. J’ai pu ainsi garder le contact avec les enfants de ma classe, je peux communiquer du contenu directement à toute leur famille.

Q : Quels sont certains des défis que vous devez relever?

Patricia : L’un des plus grands défis est de protéger notre propre santé mentale. L’incertitude est stressante, surtout dans un secteur qui ne tenait déjà que par un fil. Nous n’avons aucune idée de ce qui arrivera aux services de garde quand nous retournerons au travail. Quels soins pourrons-nous fournir avec la distanciation physique? Porterons-nous un équipement de protection individuelle? Les câlins seront-ils autorisés? Quelles seront les répercussions des nouvelles normes et lignes directrices en matière de santé et de sécurité sur le jeu dirigé par les enfants? Beaucoup de questions restent sans réponse.

Q : Pouvez-vous nous parler de votre travail de défense de la profession?

Patricia : J’ai toujours voulu travailler en ligne à défendre les services à l’enfance, mais je n’avais jamais trouvé le temps. Comme je suis confinée à la maison, les enfants avec qui je travaille me manquent, alors je me suis dit que le moment était venu! C’est ainsi que le compte Instagram « Matrisha the RECE » a fait ses débuts virtuels. En racontant des anecdotes et en parlant de mon travail, je crée un réseau avec d’autres éducatrices et éducateurs – ce qui me permet d’élargir mes connaissances.

Stephanie : Dès que nos centres ont fermé leurs portes, nous avons commencé à créer du contenu sur les médias sociaux pour les familles et les autres EPEI. J’ai créé un compte Instagram (@stephanie_ece) sur lequel je raconte mes expériences personnelles en éducation de la petite enfance ainsi que mon parcours de défense de la profession. J’ai aussi créé une chaîne YouTube sur laquelle j’aborde des thèmes comme les soins personnels pour les éducatrices et éducateurs.

Q : Comment les EPEI peuvent-ils défendre les intérêts de la profession à l’heure actuelle?

Stephanie : Allez sur les médias sociaux et commencez à raconter vos histoires! Nos histoires sont importantes. Elles nous aident à créer des liens avec les autres. Il est également très enrichissant de rencontrer d’autres éducatrices et éducateurs, et d’informer le public sur les réalités de notre profession.

Patricia : Créez des occasions pour discuter avec des collègues, des amis et des familles en dehors du secteur. Signez des pétitions qui font avancer les choses et informez-vous. Il faut que plus de gens comprennent à quel point les services de garde représentent l’un des piliers de l’économie. Les parents et les fournisseurs de soins ne peuvent pas retourner au travail sans avoir accès à des services de garde à temps plein.

Q : Pouvez-vous nous raconter une anecdote sur la défense de la profession?

Patricia : Nous avons commencé à évoquer la possibilité de faire des vidéos ensemble. Peut-être un balado. Nous avons mentionné l’idée à l’une de nos communautés de pratique. Une autre membre, Tegan Nguyen, étudiante d’un programme de leadership dans le secteur de la petite enfance, a démontré son intérêt, elle souhaitait nous aider dans le cadre de ce projet. Elle était la pièce manquante du casse-tête!

Un photo de Stephanie, Patricia et Tegan
L’équipe de balado Child Care Revolution : Stephanie, Patricia et Tegan

Stephanie : Nous avons donc lancé le balado Child Care Revolution. Nos objectifs sont de discuter de la réalité du secteur de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants en Ontario, d’établir des liens avec des collègues éducatrices et éducateurs, et de dialoguer avec des personnes à l’extérieur du secteur, qui ne sont peut-être pas au courant de la crise. Nous appelons cela une révolution, parce que c’est ce dont nous avons besoin, une révolution dans les services de garde afin de mieux servir les enfants, les éducatrices et éducateurs, et nos collectivités. Cette pandémie nous a donné le temps de faire de ce balado une réalité.

Q : Des dernières réflexions?

Patricia : Faites entendre votre voix et défendez ce en quoi vous croyez et ce que vous méritez. Les services à l’enfance sont importants. Ce que nous faisons importe énormément, et les éducatrices et éducateurs méritent tous un salaire professionnel et un travail décent.

Stephanie : Nous pensons atteindre cet objectif un jour, mais pour que cela se produise, nous devons être vus et entendus. Chaque petit geste compte afin d’améliorer le système pour les éducatrices et éducateurs, les enfants et leurs familles.

Vous souhaitez en savoir plus sur la défense de la profession? Consultez notre article sur la défense de la profession dans Connexions.

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