TOP
Portrait de Kristine Parsons. À droite, on lit : Conversation avec Kristine Parsons, EPEI, présidente du conseil
Connexions

La présidente du conseil, Kristine Parsons, nous parle de l’importance de favoriser le bien-être – pour les EPEI et au sein de la profession

Ce mois-ci, Kristine Parsons, EPEI et directrice des opérations du centre RisingOaks Early Learning Ontario à Kitchener, entame son quatrième et dernier mandat en tant que présidente du conseil. À titre de présidente, elle s’est imposée comme une défenseure engagée de la profession. Sous sa direction, l’Ordre a su relever les défis posés par la pandémie et a lancé un nouveau plan stratégique axé sur la protection proactive du public et le leadership et l’engagement collaboratifs. Avant d’occuper le poste de présidente, elle était membre du conseil. À ce titre, elle a contribué à l’élaboration de la Déclaration d’engagement de l’Ordre envers l’antiracisme et de plusieurs ressources pratiques sur des sujets tels que la communication et la collaboration, les relations professionnelles, le développement de l’enfant et la protection des enfants contre les mauvais traitements d’ordre sexuel. 

Pour Kristine, des services de garde d’enfants de grande qualité reposent sur le travail d’éducatrices et d’éducateurs de la petite enfance hautement qualifiés et bien formés, qui se reconnaissent dans le rôle essentiel qu’ils jouent auprès des enfants, des familles et des communautés. Le soutien au bien-être des éducatrices et des éducateurs de la petite enfance constitue un élément clé pour atteindre cet objectif. Le plan stratégique de l’Ordre – et l’un des éléments de l’héritage que Kristine souhaite transmettre – repose sur une vision claire : une profession en santé, résiliente et épanouie. Nous avons rencontré Kristine pour comprendre les moyens qu’elle met en œuvre pour favoriser le bien-être et la résilience des éducatrices et des éducateurs.

Diriger avec curiosité

« Notre bien-être repose sur l’harmonie entre l’esprit, notre corps et notre âme, et il arrive que ces éléments ne soient pas alignés, explique Kristine. Garder à l’esprit l’interconnexion entre nos pensées, nos actions et nos émotions nous aide à faire preuve de plus de compassion et de bienveillance envers les autres. Un mal de dos, par exemple, n’est pas nécessairement causé par une posture assise prolongée, mais peut plutôt être le reflet du stress ressenti, précise-t-elle. Si nous pouvons demander ce qui s’est passé ou ce qui vous arrive, plutôt que ce qui ne va pas, nous serions plus bienveillants. Plus je fais preuve de grâce, moins je porte de jugements, et plus je reste curieuse, affirme Kristine, et personnellement, lorsque j’adopte cette idée d’être agréable, cela a un effet positif sur mon propre bien-être. »

Sécurité psychologique

Avant de pouvoir être à l’aise pour s’exprimer sur leur vécu, les éducatrices et éducateurs doivent d’abord se sentir en sécurité psychologiquement. Cela passe par l’instauration d’une culture de communication ouverte et honnête, et par la création d’un espace propice aux conversations difficiles. « La confiance peut être fragile. On la construit graduellement par petits bouts, dit-elle. Souvent, tout commence par la relation : plus une personne se sent vue, entendue, reconnue et comprise, plus elle trouve sa place. »

Pour favoriser l’établissement de ces relations, les réunions doivent devenir des occasions de conversations authentiques. « Nous nous efforçons d’en faire des espaces d’échanges entre adultes : de collaboration, de réseautage, de recherche de consensus et de résolution de problèmes. Et non pas des moments où l’on reçoit toujours des devoirs ou des rappels de ce qui doit être fait. Il n’y a pas non plus toujours quelque chose dont “il faut parler”. »

Elle encourage également les responsables à utiliser, dans leurs relations avec le personnel éducatif, les mêmes outils et compétences que ceux employés par les EPEI pour créer des liens avec les enfants. En tant qu’EPEI, dit-elle, « nous passons beaucoup de temps à créer des milieux sûrs, propices et enrichissants pour les enfants. Le même effort doit être accordé à la création d’un tel environnement pour les éducateurs. Le milieu d’apprentissage des enfants est également le milieu de travail des éducateurs. Nous créons des environnements sûrs pour que les enfants puissent prendre des risques et acquérir des compétences de vie. Les éducateurs ont aussi besoin d’un environnement dans lequel ils se sentent psychologiquement en sécurité pour partager leurs idées, enrichir leur milieu de travail et apprendre de leurs erreurs sans crainte.

Prendre soin de soi

En tant qu’employeur, RisingOaks reconnaît l’importance du bien-être et s’efforce continuellement d’offrir des avantages qui y contribuent à son personnel, Kristine encourage les membres de l’équipe à profiter de ces avantages – que ce soit pour des visites chez le dentiste, le massothérapeute ou le physiothérapeute, par exemple. Elle a également changé les jours de maladie en journées bien-être, afin de permettre au personnel de planifier des congés axés sur le bien-être.

Qu’un employeur soit ou non en mesure d’offrir un programme d’avantages sociaux, prendre soin de soi est important, insiste Kristine. Ces pratiques peuvent prendre la forme de petites habitudes, d’actions ou de rituels intentionnels qui favorisent le repos ou la récupération. Pour pouvoir soutenir son équipe, Kristine veille également à son propre bien-être, avec intention, et en se fixant un programme. L’une des activités qu’elle pratique pour prendre soin d’elle-même consiste à remarquer et à photographier les petits « bonheurs » de la journée. Lorsque son niveau émotionnel est bas, elle fait défiler ses photos pour se rappeler tous les plaisirs vécus. Son équipe fait de même avec les enfants, en créant des livres de photos de moments agréables, qui peuvent être partagés avec un enfant lorsqu’il se sent stressé ou a besoin d’espace.

Si vous avez du mal à trouver du temps pour prendre soin de vous au quotidien, elle suggère de planifier délibérément une promenade, un moment d’échange avec quelqu’un, ou même simplement savourer votre café préféré ou une collation dans un café.

Certains membres de son équipe gardent une couverture et un oreiller dans leur voiture, et peuvent ainsi se créer un espace privé pour lire et se ressourcer pendant leurs pauses.

« Trouvez les choses que vous aimez et veillez à les programmer. Cela n’a pas besoin de coûter de l’argent », précise-t-elle.

Tout en prenant soin d’elle-même et en dirigeant avec grâce et curiosité, Kristine aborde sa dernière année de présidence avec le même enthousiasme et le même engagement envers la profession qui l’avaient poussée à rejoindre le conseil. Elle se réjouit particulièrement de soutenir les avancées de l’Ordre en matière de diversité, d’équité, d’inclusion et d’appartenance, ainsi que ses efforts de réconciliation avec les communautés autochtones. Une source constante de motivation pour elle pour l’année à venir : la joie. « Même après 35 ans de carrière, j’ai encore beaucoup à offrir, parce qu’il y a de la joie tous les jours. »


Autres articles de Christine :

«

»